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Africa Multiple Interactive Research Atlas (AMIRA)

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Knowing - Unknowing : African Studies at the Crossroads
This book emerges at a time when critical race studies, postcolonial thought, and decolonial theory are under enormous pressure as part of a global conservative backlash. However, this is also an exciting moment, where new horizons of knowledge appear and new epistemic practices (e.g. symmetry, collaboration, undisciplining) gain traction. Through our critical engagements with structural, relational, and personal aspects of knowing and unknowing we work towards a greater multiplicity of knowledges and practices. Calling into question the asymmetrical global economy of knowledge and its uneven division of intellectual labour, our interdisciplinary volume explores what a decolonial horizon could entail for African Studies at the crossroads.
Knowledges in Conflict : Conceptualizations of Age in Colonial Letters
Using letters exchanged between British colonial authorities and Chief Manga Williams of Bimbia, in the British Southern Cameroons, I seek to answer the following questions: What conceptualizations of age were adopted in these colonial letters? How did these differ in letters written by colonial administrators and colonized subjects – in this case Chief Williams? What repertoires of knowledges drove their production, rejection and perhaps co-construction?
L'oléoduc par le bas : enjeux socio-économiques et récits locaux sur une méga infrastructure dans le nord du Bénin
Cet article adopte une perspective subalterne pour analyser les enjeux socio-économiques du projet de construction du plus long oléoduc d’Afrique reliant le Niger au Bénin. L’approche met l’accent sur la manière dont les populations locales du nord du Bénin perçoivent ce projet, un aspect souvent négligé dans les discours conventionnels, tout en tenant compte des enjeux socio-économiques associés. La réalisation du projet, confiée à la West African Oil Pipeline Company - Bénin (WAPCO-Bénin), filiale de la China National Petroleum Company (CNPC), est financée à hauteur de 45 milliards d’euros. L’article s’appuie sur une ethnographie multisite collectant des récits et des discours des communautés locales, révélant une diversité de points de vue allant de l’enthousiasme pour les opportunités économiques à des préoccupations concernant les pertes de terres agricoles et les impacts environnementaux. La construction de l’oléoduc a généré des retombées économiques positives, telles que la création d’emplois et des compensations financières. Cependant, des tensions subsistent en raison d’une communication insuffisante et tardive des autorités, ainsi que des contestations sur les modalités de compensation et de participation des populations locales dans le processus décisionnel. En privilégiant une analyse « par le bas », l’article apporte une contribution significative à la compréhension des dynamiques locales, soulignant l’importance d’une gouvernance transparente et participative pour assurer l’acceptabilité sociale et le succès des projets d’infrastructure en intégrant pleinement les communautés locales.
L’héritage culturel de l’UNESCO et ses « autres » : analyse critique des traces de l’africanité à San Basilio de Palenque (Colombie) dans une optique relationnelle
San Basilio de Palenque constitue un symbole historique et culturel fondamental en ce qui concerne la politique de l’identité et de l’héritage africain en Colombie. Fondée vers la fin du 17e siècle par les esclavisés africains suite à leur libération et reconnue en 2008 par l’UNESCO comme héritage oral et intangible de l’humanité, cette communauté des marrons a acquis une notoriété iconique comme sauvegarde de la culture « africaine » en Colombie, basée sur un discours qui la classifie comme un espace exceptionnel et particulier dans le paysage afrodescendant des Caraïbes hispanophones en général. Néanmoins, malgré son positionnement comme un lieu de continuité, de perpétuité et de ré-existence (Albán Achinte 2009) des valeurs et cultures africaines à travers le temps et l’espace, Palenque peut être perçu comme un espace mis en marge par le statut de Cartagena comme patrimoine de l’humanité de l’UNESCO avec laquelle il entretient une relation historique bien complexe. Le manque des ressources à Palenque a cependant donné lieu à une culture d’inventivité au quotidien et de l’auto-présentation tactique, qui visent à assurer la survivance des connections touristiques et la préservation de la culture africaine dans les domaines de la musique, spiritualité, historiographie, méthodes de guérison et d’autres aspects de la culture orale. Notre contribution examine les usages créatifs de l’espace et du temps à travers les concepts du musée vernaculaire (Mikula 2016) et de tactique (de Certeau 1980), analysant les différentes mesures de préservation de l’héritage culturel de Palenque dans le contexte de l’invisibilisation généralisée des peuples afrodescendants ainsi que la position de Palenque dans l’ombre de l’industrie imposante de la patrimonialisation de Cartagena qui exploite en même temps qu’elle éclipse la mémoire de l’esclavage. Dans une autre dimension, l’article analyse la relationalité particulière de Palenque avec ses diasporas, les autres communautés afrodescendants en Colombie et avec « l’Afrique » pour mettre en exergue la construction et l’entretien de son image à la fois comme un espace mythique des traces originelles d’Afrique en Amérique et une collectivité imaginée (Anderson 1983) dynamique. Dans cette optique, nous abordons aussi la question des traces de l’africanité (« huellas de africanía ») dans la poétique et la politique de l’héritage et le processus de (ré)signification qu’elle occasionne dans le contexte de Palenque. Eu égard aux transformations qu’ont subi les cultures africaines dans la diaspora, la contribution évalue dans quelle mesure les discours qui sous-tendent les traces culturelles sont déterminées respectivement et de manière interchangeable par les données historiques, l’ingéniosité dictée par des intérêts touristiques, les attentes situationnelles ainsi que la politique des gestes symboliques pratiquées à la fois par le gouvernement central et les différents groupes d’activistes.
Le Franç(h)ais en Mode DésappartenUance dans Les Démons de l’Aube
Cette contribution analyse le roman Les Démons de l’Aube de l’auteur des Comores Salim Hatubou (2006) qui s’émancipe des normes ‘linguisticoloniales’ en s’appuyant sur deux grilles de lecture que je développe : 1. La désappartenUance et 2. Le modèle j’écris en Une langue qui n’est pas la vôtre. Je montre ‘comment la textualisation des corpus francophones agrège des référents construits et transformés dans les productions verbales des langues en présence’ et rend hommage au mentor émérite qui a fait avancer ce que j’appellerai la sociolinguisture africaine francophone (études de la linguistique et des littératures) et à qui je dois quand j’étais doctorant entre 2008 et 2012 ma première publication en études littéraires en français dans les actes du colloque « L’imaginaire linguistique dans les discours littéraires, politiques et médiatiques en Afrique » organisé en décembre 2008 à Bordeaux.
Les spatialités de la parenté : repenser, réinventer et modifier la famille étendue en Afrique de l’Ouest
L´existence de la famille étendue comme structure principale de la parenté en Afrique est généralement perçue, dans l´anthropologie mais aussi dans des discours de développement ou politique étatique, comme un fait “naturel”. Ma contribution discute la parenté en Afrique Francophone comme un espace relatif, créé et modifié par des actions et imaginations coloniales européennes. Elle part de l’hypothèse que la famille ne saurait être simplement perçue comme un « fait naturel », mais aussi comme un produit, non seulement des processus spatiaux et d’imagination des administrateurs coloniaux, mais aussi des processus bureaucratiques et ses effets épistémologiques.

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